PERPETTE
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Perpette: "Et que l'on fête en roi en maître et que l'on danse tout en cadence. " Perpette, c'est d'abord une joyeuse troupe d'heureux mélangeurs de jazz de musette, de valses renversées et de swing décalés. Il n'est pas si loin le temps ou Henri Charrière mariait une syntaxe impossible à un vocabulaire irrespectueux, sur des sons de guitare à la fois rythm'n'blues et jazziques et des textes de Dick Annegarn, Roger Mason, Steve Waring ou encore Albert Marcoeur. Aujourd'hui Perpette oscille entre sa propre création et le Gainsbourg des années 60. Celui des "trois baudets" de la rive gauche avec "le poinçonneur des lilas". La période jazz de "I'angoisseur" de mots quand eelle-ci avait pour visage Boris Vian. Brassant les formes et les couleurs (Henri a définitivement opté pour la tenue de bagnard, perpette oblige), le groupe diois emmené par la voix de Gérard Thévenet s'inscrit dans la tradition des grandes figures de la chanson "parisienne" inspirée par la gouaille de Prévert et Arletty. Les textes principalement de Gérard Thévenet font la part belle à la fantaisie, au chic glamour et canaille, l'esprit rebelle et les orchestrations de bastringue emballantes. On a retrouvé le groupe sur Die, Saillans, Lus-Ia-Croix-Haute, mais aussi sur plus de 30 scènes Rhône-Apes et provençales. "Depuis un an on travaille comme des "forçats", tant en répétant qu'en matière de sonorisation, de support" avoue Gérard Thévenet. Et il faut bien le dire ce travail paie. Désormais Gérard au chant et à la guitare, Henri Charrière aux guitares, choeur, bandonéon et Thomas Boulenger à la contrebasse, harmonica et choeur ont vraiment trouvé un public complice et fidèle. Un groupe de cabaret qui joue dans des lieux modestes en pleine connivence avec l'auditoire. Mais il y a l'autre "Perpette" celui des concerts avec en plus Jean-Michel Andres au sax tenor et soprano, Pascal Coullet au piano et Michel Cuerva à la batterie. Ce Perpette des grands jours a enregistré son premier C.D. "Perpette ler quartier". Perpette tendre et satirique nous conte des histoires: "Une jolie fleur qui s'égare, au coin d'une gare, tout près d'un phare, jolie fleur où l'on s'agglutine, que l'on butine et qu'on baratine et qu'on marchandise. " Comme dans Vian, si la satire ironique, la rigolade sont là, l'inquiétude pour le futur est omniprésente et la dénonciation de la petitesse de la vie de province: "J'habite une petite bourgade, pas trop ringarde (...) j'habite une petite basse-cour fort sympathique. " Un petit coup de griffe corrosif parfois égratigne les politiques sans en avoir l'air: "Des serre-mains des serre-moi fort, des sans lendemains", mais entre pitrerie et dérision, le travail et la rigueur ("le débit de l'eau, le débit de lait") sont là en toute simplicité.
"Une belle cavale avec des airs libres comme les champs et des chants libres comme l'air. " [...]
Le Dauphiné Libéré 08/2000

 
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